La maison, espace de vie

Construction et isolation

SITUATION GÉOGRAPHIQUE: Maison écologique, ou propre, ne rime pas forcément avec absence de confort , bien au contraire. Elle nécessite seulement d’être pensée un peu différemment et de ne pas avoir peur d’innover dans ses habitudes… Le choix de son lieu de vie a une incidence directe sur l’environnement ; vivre en ville permet de réduire énormément ses déplacements motorisés si lourds en émission de CO2 ; vivre à la campagne incite à avoir deux véhicules. Ainsi le calcul global de l’impact écologique en ville ou en milieu rural peut pencher très largement en faveur du premier, même si le logement de campagne est neuf et semble très sobre en énergie courante comparé à son concurrent urbain ancien et mal isolé. Le cadre rural offre en contre partie bien des possibilités de rééquilibrer la balance : collecte des eaux de pluie, installation d’éolienne, de capteurs solaires, culture de potager et de verger…Vivre en périphérie de ville serait la combinaison idéale.

ORIENTATION:  Positionner sa maison sur un terrain répond à une logique écologique : exploiter le climat plutôt que de l’affronter. Exposer les principales baies vitrées en façade sud apporte chaleur et lumière l’hiver; ; ne laisser au nord que les petites ouvertures. Une pente de toit au nord est beaucoup plus souhaitable qu’une façade verticale. Pour réduire la chaleur estivale, equiper les baies du sud de toiles pare-soleil et/ou prévoyer à la construction une avancée de toit pour vous protèger du rayonnement solaire (l’hiver la course du soleil est plus basse). Il est judicieux de positionner au sud les pièces à vivre : salon, salle à manger, cuisine. Au nord on trouvera les pièces de rangement (buanderie), voire requérant la fraîcheur (cellier, garage). Les chambres ont leurs places façade ouest ou est indifféremment. La végétation a son rôle à jouer ; un grand arbre à feuilles caduques à chute rapide en façade sud donnera son ombre rafraîchissante l’été, sans retirer les rayons bienvenus du soleil l’hiver. La vigne vierge rafraîchit un mur ensoleillé ; une haie freine le vent au nord.

OSSATURE: Des murs épais stockent la chaleur qu’ils restituent à l’habitat ; ils amortissent les variations de température extérieure par leur inertie. Une isolation extérieure est donc idéale. Les matériaux écologiques de construction peuvent faire sourire : bois, terre, fibres végétales telles que la paille, le chanvre,…Ils ont pourtant fait leurs preuves ; abondants, faciles d’accès, ils présentent une excellente tenue mécanique, d’incomparables qualités d’isolation thermique tout en étant perméables à l’humidité. On les appelle « perspirants ». L’isolation est importante mais le moyen d’y accéder est capital ; ainsi un matériau type béton-polystyrène-plâtre isole très bien, mais l’énergie dépensée à extraire les matières premières, à les acheminer, à leur fabrication finale ainsi qu’à leur traitement en fin de vie empêche un tel produit d’être considéré écologique. Le bois, déjà largement utilisé en ossature, est idéal pour constituer des structures porteuses légères (ossature à montants minces et rapprochés à garnir de matériaux écologiques). La légèreté des maisons 100% bois (5 fois plus qu’une construction traditionnelle) lui permet d’avoir des fondations plus légères.

ISOLATION: Economie d’énergie appelle spontanément à l’esprit meilleure isolation, garder la chaleur à l’intérieur. Dans une maison mal isolée, les déperditions sont à  tout  niveau : le toit (30%), les murs (25%), les vitres (13%), les sols(7%), les ponts thermiques (5%), les défauts de structure (poutrelles de balcon, jonctions entre toit et murs,…), le renouvellement d’air (20%). La laine de mouton, de lin, de bois,la paille,le chènevotte (débris de chanvre), la cellulose sont d’excellents isolants naturels. De faible densité, ils exigent des épaisseurs importantes pour un bon résultat. On déconseille grandement les laines de synthèse (minérales) en raison des microfibres émises.

Comparaison des isolants – notre coup de gueule

Un coefficient R (épaisseur de l’isolant en mètre divisé par un coefficient Lambda) qualifie leur qualité, leur capacité à bloquer la chaleur ; plus R est élevé, meilleur est l’isolant. Ce coefficient n’est pour nous qu’une aide aux calculs des déperditions thermiques puisque nous le jugeons approximatif. En effet, si on considère la manière dont il est réalisé puis calculé:

Prenez une certaine épaisseur d’isolant que vous placez dans un environnement fermé et faîtes varier la température de part et d’autre. Bien souvent les différences de température ne sont pas significatives pour engendrer la convection (défaut des isolant fibreux de faible densité: laine de verre, laine de roche, chanvre en vrac). De plus, pour avoir échangé avec une personne du CSTB les tests sur Laine de verre sont réalisés avec pare-vapeur, quand on sait que cette dernière n’est jamais scotchée en les lés. Encore une fois comparons ce qui est comparable!!!

Résultat : on obtient un résultat qui n’a aucune valeur scientifique puisque utilisé seul. A qui profite le crime, certainement à certains grands actionnaires du CSTB ??? Avec un tel coefficient demander à un revendeur de vous expliquer pourquoi tous les isolants, malgré une structure différente se retrouvent dans un mouchoir de poche. Le vendeur vous exposera une explication que vous ne comprendrez pas!!! au final vous préférerez prendre de la laine de verre parce-que tout le monde en met et donc ça rassure!!!!

Notre explication pour toi lecteur!
Pour ta construction… voilà en quelques lignes pourquoi il faut éviter de mettre de la laine de roche ou de verre.
 Un bon isolant doit être bon sur les trois points suivants: la convection (déplacement de l’air induit par sa dilatation – l’air chaud monte; froid il descend), la conduction (propriété d’un produit à transmettre la chaleur), le rayonnement (émission d’infra rouge par différence de température – un peu la résultante des deux premiers facteurs).

 La convection pour les laines minérales et fibreuses en générale: l’air est le meilleur isolant à condition qu’il ne bouge pas. Or, dans les isolants fibreux les mouvements de convection existe avec des exemples criants: arrivées d’air froid par les prise électriques autres interstices de la maison, sentiment d’inconfort les soirs d’hiver devant sa télé en se demandant d’où vient le froid!!!! Ce phénomène est pregnant lorsqu’il y a du vent.

La ouate de cellulose et autres panneaux de bois, de chanvre compressés offrent une plus grande herméticité et les maisons qui en sont équipées présentent le même confort mais… à 2 degrés Celsius de moins d’où les premières sources d’économie et de bien être.

La conduction: tout d’abord munis-toi d’un chronomètre et prends un bol en bois et un bol en verre puis remplis les d’eau bouillante. Avec le chrono mesure le tps que tu résistes à supporter la chaleur. Le bol en bois, tu le garderas bcp plus longtemps car c’est très peu conducteur. C’est pourquoi tu as dû lire que la ouate est excellente l’été car la chaleur ne rentre pas dans la maison. C’est exactement la même chose l’hiver sauf que justement l’hiver on chauffe et donc on ne se rend pas compte. A un détail supplémentaire quand-même, c’est aussi l’évaporation de l’eau contenu dans les isolants naturels qui ajoute un sentiment de fraîcheur d’été.

Pour 30 cm d’épaisseur,  les laines minérales transmettent 3 fois plus vite l’onde de température que la ouate ou la fibre de bois – confort d’été exceptionnel en rampant et on chauffe moins l’hiver. C’est la notion de déphasage qui provient de la capacité thermique  beaucoup plus élevée des  ouates et autres fibres de bois. En effet , ces isolants ont une capacité à stocker une plus grande quantité d’énergie tout en freinant  sa diffusion. On obtient alors un effet de cave c’est  à dire  que l’isolant encaisse les variations importantes de températures  estivales.

 Le rayonnement: si tu as un bon isolant, le mur extérieur de ta maison se rapprochera en température de celle enregistrée à l’extérieur et donc pas de rayonnement. A l’inverse si ton isolation est défectueuse, ton mur extérieur exprimera une t°c + important d’où rayonnement et d’où de superbes clichés avec caméra thermique.
Avec des isolants performants (faible conduction et convection) tu auras moins de rayonnement donc moins de déperditions.

 Enfin EDF a fait des essais qui mettent en évidence un gain d’énergie de 24% en faveur de la ouate et pouvant aller jusqu’à 40% sur la durée de vie du produit puisque les laines minérales décrochent en performance dès la 5ème année.
Un bon isolant même coûteux c’est rentable!

En bref, d’autres qualités en particulier sur la ouate que nous avons étudiée en raison de son prix attractif:

– durée de vie de la ouate mini 30 ans et pouvant aller jusqu’à 80 voire 100 ans si ta toiture est de qualité.
– pour le tassement: toutes les personnes qui prétendent que la ouate se tasse ont … raison!!!! Mais ils oublient de se poser la question suivante: le tassement nuit-il aux performances de la ouate comme il nuit aux laines minérales. La réponse est non!
La preuve en est que dans les maison en bois massif à forte densité, la plupart du temps, aucune isolation des murs n’est prévue. La densité de la ouate n’est donc en rien liée avec ses performances; seul de coefficient de résistance thermique totalement incohérent vous dira le contraire.
– acoustique: sur ce point la ouate excelle avec une anecdote le 7 mars sur un chantier. Nous avons insufflé de la ouate sous toiture en lieu et place de la laine de verre que le propriétaire des lieux avait préalablement retirée. A la fin du chantier, celui-ci a tapoté son plafond et nous a alerté sur une zone qui sonnait creux (résonnance donc absence de protection contre les ondes sonores). Nous avons percé à la scie cloche et avons découvert  quoi?  un bouchon de laine de verre pris en tenaille par la ouate. On a corrigé et depuis cela ne sonne plus creux et le propriétaire a dû nous offrir l’apéritif!!!

– hygroscopique: elle participera  à la régulation de l’hygrométrie de  l’atmosphère  de votre maison ce que ne font absolument  pas les laines minérales (hydrophobes et condensatrice d’humidité). Vous bénéficierez du rafraîchissement d’été par l’évaporation

Sinon pour ta maison: quel que soit ton choix de l’isolant demande absolument:

– une volige et un pare-pluie pour ta toiture: c’est rentable
– un plancher chauffant: indispensable car tu as une importante surface d’échange et donc tu peux travailler avec de la très petite énergie (solaire thermique) ou avec n’importe quel système de chauffage. Simplement, veiller à renforcer l’isolation sous votre réseau de diffusion de chaleur
– une rupture de pont thermique au niveau de ta dalle béton
– des fenêtre avec gaz argon avec un Uw<1.5W/m² (donnée à réclamer à votre menuisier où à réclamer auprès de la marque de vos menuiserie): attention!!! qui dit réchauffement climatique dit éventuellement refroidissement dans certaines zones. Dans chaque situation nous rechercherons à nous protéger de l’environnement extérieur. C’est pourquoi dès aujourd’hui nous préconisons du triple vitrage avec Uw<0.9w/m². Vous perdrez en rayonnement mais vous gagnerez par temps couvert (moins de déperdition de l’intérieur), par grand froid (idem) et en période de canicule (moins d’entrée de chaleur).
– l’absence de spots encastrés (perte d’énergie considérable et risque incendie lorsque ta maison est très bien isolée).
 Si tu as un problème de budget ne fait pas comme 95% des gens qui privilégient le superflux pour s’en mordre les doigts par la suite: mets le top dans ta structure de maison c’est à dire ce sur dont tu ne pourras pas intervenir dans le futur (isolant dans tes cloisons, rampants, système de diffusion de la chaleur comme le plancher chauffant; structure de ta toiture (pare-pluie, volige) , avancée de toiture sur les baies exposées au sud, idéalement isolation par l’extérieur) et réalise des économies sur ton système de production de chaleur (petite chaudière électrique plutôt qu’aérothermie – tu pourras changer de système par la suite quand tu connaîtras mieux les besoins de ta maison), Ne mets pas de récupérateur d’eau de pluie si ton budget est serré; encore une fois c’est un système que tu pourras toujours réaliser par la suite mais parle en à ton plombier qui prévoira un système de connexion évolutif. Même chose pour les panneaux solaires… tu pourras toujours les poser plus tard et puis à quoi sert de produire de l’énergie si tu la jettes par les fenêtres.

La paille et le chanvre peuvent s’utiliser de plusieurs façons : en béton, mélangé avec de la chaux, on remplit les coffrages d’une ossature bois ; par moulage et pressage, on obtient des ballots de paille ou des parpaings de chanvre utilisables comme des briques pour monter un mur. Enduits de terre sur une dizaine de centimètres d’épaisseur, ces murs assurent une inertie thermique.( les murs finis mesurent environ 50cm de large).

La terre, utilisée en pisé (comprimée),en béton, ou en briques résistent très bien au temps et  est un excellent isolant, doté d’une forte inertie thermique et hygrométrique.www.cr3e.com      www.terrevivante.org      www.domus-materiaux.fr      www.eco-logis.com

Ces matériaux sains ne possèdent pas tous d’avis techniques du CSTB (Centre Scientifique et Techniques du Bâtiment), ni de garanties professionnelles. Les choses avancent ou plutôt évoluent.  Il faut savoir que  le CSTB  coûte  très cher  à tout fabriquant sollicitant l’agrément!!!  On comprend mieux pourquoi on trouve beaucoup de produits étrangers. En vendant facilement chez eux avec le simple agrément CE ils ont ensuite les moyens de payer le CSTB… et accrochez-vous bien tout les ans. Bravo la France!!!! Retenez seulement que le premier fabriquant européen de ouate de cellulose et de panneaux de fibres de bois ne disposent pas de l’agrément CSTB car ils ne veulent pas payer un organisme qu’ils jugent inutile. Ce genre d’organismes expliquent en partie pourquoi  la France se trouvent engluée dans la non créativité et avec un retard qu’elle essaye en vain de rattraper en important massivement les technologies étrangères.

ENDUITS, PEINTURES, TRAITEMENT, COLLES: Pour l’extérieur comme pour l’intérieur, il existe des enduits et des peintures respectant les exigences écologiques ; ils sont non toxiques, donnent un beau rendu et laisse les murs respirer. La composition des peintures « classiques » peut légitimement inquiéter :

* des solvants particulièrement nocifs (white-spirit, trichloréthylène, acétone) qui diffusent dans l’air pendant des semaines ; les peintures «  à l’eau » contiennent des COV (composés organiques volatils) type éther de glycol, très toxiques et diffusant pendant plusieurs mois
* des pigments : pour la couleur et l’opacité. Les pires contiennent des métaux lourds (plomb, cadmium, cobalt, chrome,…) polluants et toxiques même en très faible dose.
* les charges : poudres inoffensives utilisées pour la compacité.

Le minimum après avoir utilisé ces produits serait de conduire en déchetterie pot, chiffons, pinceaux,…

 Les peintures naturelles n’ont pas toujours tous les atouts de leurs consœurs de synthèse (pouvoir couvrant, vitesse de séchage, homogénéité, standardisation, vivacité des coloris,…) et encore…mais elles sont parfois même moins chères ! Les composants chimiques ont un équivalent naturel : les solvants deviennent des essences d’aromates, des terpènes extrait d’agrumes, ou même de l’eau ; les pigments s’appellent oxydes de minéraux (fer,…), de terre (ocres,…), pigments végétaux( cochenille, curcuma, santal,…)moins stables ; les liants sont des huiles (ricin, lin,…), des cires, des résines naturelles, de la caséine, de la chaux éteinte,…. ; les charges sont composées de poudre de talc, craie, marbre, kaolin,…

 Pour le traitement du bois, les produits contiennent des pesticides et même si les plus dangereux sont interdits(au lindane, au CCA ou PCP), ceux utilisés en substitution (pyréthrinoïdes) ne sont pas sans conséquences environnementales ; la plupart des bois traités sont de ce fait impropre à l’incinération ou à la biodégradation en l’état. La solution naturelle idéale serait de ne pas traiter du tout en choisissant des essences dures telles que le mélèze, le douglas, le châtaignier , le chêne. Sinon, en protégeant le bois contre l’humidité, on évitera les champignons et les insectes xylophages. Le substitut écologique fongicide et insecticide est le sel de bore.

 Les colles écologiques , sans formaldéhydes, sont à base de latex, de dérivés de cellulose ou de diverses origines végétales et animales.

La construction écologique est compatible avec une variété de finitions possibles : enduits à l’argile, à la chaux, au chanvre, à la laine, badigeon de chaux, pâte à papier, huiles dures et cires pour les sols (planchers, carrelage,…)
 www.charpentiers.fr/index.php?page=PEINTURE&menu=PRODUITS
 www.gutex.fr/peintures_finitions.htm

 VENTILATION:Une maison parfaitement isolée a malgré tout besoin de respirer, afin que ses habitants ne s’asphyxient pas et ne vivent pas dans une condensation intérieure. La ventilation mécanique (gourmande en énergie) est obligatoire pour éviter la condensation sur une nouvelle construction mal isolée (standard français). Encore une fois, investissez dans votre isolation et préférez une ventilation double flux ou hygro (déclenchement par capteur d’humidité) ou par simple capteur de présence. Joignez votre VMC avec un puits canadien ou avec votre sous-sol pour ceux qui ont la chance d’en avoir. Le puits canadien apporte un air venu de l’extérieur mais qui par un échange avec la terre  va se trouver chauffer l’hiver et rafraîchi l’été. Dans tous les cas, pensez à demander la programmation de votre ventilation notamment durant les périodes de présence humaine (matin et soir) mais aussi en fonction du nombre de personnes, ceci afin d’éviter les pertes d’énergie liée à la VMC elle-même mais aussi à l’évacuation de la chaleur de la maison. .

Préambule: Politique et environnement
Quelques idées politiques