Respecter la nature c’est aussi en mangeant

Les émissions de CO2 de nos assiettes

L’impact de nos habitudes alimentaires actuelles est sans appel , par exemple on compte :

– 0.1 Kg de gaz émis pour produire 1 Kg de blé

 –   0.9 Kg de CO2 pour produire 1 Kg de thon
 –    1.1 Kg de CO2 pour produire 1 Kg de porc

  –   4.4 Kg de CO2 pour produire 1 Kg de bœuf

 – 12 Kg de CO2 pour1 Kg de veau

A retenir impérativement :

– Pour faire de la viande, l’animal doit transformer des végétaux ce qui explique les pertes d’énergie tout au long de la chaîne alimentaire (chaleur corporelle, déplacement, respiration, déjections…). Nous devons donc nous efforcer à manger directement des végétaux et moins de viande.

– Plus un animal est jeune plus il coûte cher sur le plan environnemental. En effet, il a passé une grande partie de son existence à constituer des os, des viscères et peu de muscle. Consommer un animal jeune est donc un luxe (consommation exceptionnel) et doit le rester pour éviter tout gaspillage.
En synthèse retenez simplement que la consommation d’une viande chère et/ou provenant d’un animal jeune contribue fortement au réchauffement climatique.

Manger en polluant moins

Les conséquences de notre consommation systématique de viande et poisson sont très lourdes. On comptabilise 3 fois plus d’animaux élevés pour nous nourrir que d’êtres humains, or ces animaux, dits de rente, il faut les nourrir; 10Kg de protéines végétales pour produire 1 Kg de viande d’où des superficies monumentales de terres destinées à la seule production de céréales pour alimenter ce bétail. On déforeste massivement, en incendiant la forêt Amazonienne libérant ainsi d’énormes quantité de gaz carbonique. On sait que les bovins produisent de méthane, responsable à 18% de l’effet de serre, et ce en grande quantité. L’utilisation intensive de pesticides et d’engrais, qui contaminent toute la chaîne alimentaire (la viande contient 14 fois plus de résidus toxiques que les végétaux), rend au final les terres impropres à toute culture. L’élevage de ces animaux utilise 12 fois plus d’eau que leurs équivalents végétaux. La masse de déjections de ces animaux est démesurée et extrêmement polluante; les pluies acides sont la combinaison de l’ammonium issu des lisiers, transformé par les bactéries, et mêlé aux oxydes de nitrates issus des engrais et autres pollutions industrielles.

Les poissons ne sont pas en reste. Des chalutiers aux filets gigantesques anéantissent la vie sous marine: poissons de consommation toujours plus petits, baleines, dauphins, requins, tortues et même les oiseaux marins…Des études récentes ont montré que plus de 40% des poissons péchés en mer du Nord sont malades, souvent atteint de tumeurs cancéreuses. Les élevages intensifs ne sont guère plus glorieux; le confinage de migrateurs tels que le saumon, n’a de succès qu’au prix de doses d’antibiotiques et de pesticides.
Consultez, imprimez, ne sortez plus sans votre bible des poissons à consommer  et à éviter, sur wwf.be/eco-footprint/fr/act-now/eating/fish.htm

Les effets sur notre santé doivent aussi nous interpeller: les maladies cardiaques (principale cause de décès dans les pays industrialisés), les cancers du côlon, du sein, de la prostate, les intoxications alimentaires, presque toujours dues à la viande ou aux produits laitiers.

Conclusion: réduisons notre consommation de protéines animales, ainsi nous préservons nos ressources et leur qualité.
Des céréales associées aux légumes comblent tout aussi bien nos besoins en protéines ; essayez donc des combinaisons de blé, riz, maïs avec des lentilles, des haricots rouges, des flageolets, des fèves, des pois chiches, des pois cassés… Si cela vous semble trop difficile commenser par réduire le poids de viande par repas.

Cuisiner les produits frais

Le temps n’est plus à la confiance aveugle en les produits qui viennent couvrir les gondoles de supermarchés. Il faut désormais s’armer d’une bonne paire de lunettes, d’un parfait dictionnaire chimique pour s’y retrouver parmi les ingrédients comme les conservateurs,  les arômes artificiels… et comme si ce n’était pas suffisamment compliqué , les OGM * font leur apparition, bien cachés dans nos produits alimentaires… L’homme « en apprenti sorcier » se moque passablement du principe de précaution Soyons vigilants ;  cuisinons au maximum à partir de produits frais cultivés dans nos jardins quand on peut.

*Les OGM : organismes génétiquement modifiés.

Créés dans l’intention  (louable ?…ou économique ?….) d’alimenter la planète entière, la transformation génétique des plantes vise à améliorer les conditions de culture en développant des mécanismes de tolérances ou de résistances ayant pour effet d’augmenter les rendements. Ces dix dernières années ont vu se développer des OGM de première génération, où la productivité et le rendement étaient ciblés ; depuis peu, la seconde génération s’intéresse davantage à la qualité intrinsèque du produit (conservation, saveur, texture,…) dans, nous dit-on, un souci de respect de l’environnement, d’où des melons qui mûrissent moins vite, des fraises qui ne pourrissent plus, des tomates qui se conservent mieux…

L’opération consiste à introduire dans un organisme (végétal, animal,…) un ou plusieurs gènes totalement différents des leurs ; le but étant d’apporter une caractéristique nouvelle, qui se transmettra ensuite de façon héréditaire : par exemple, le maïs transgénique Novartis sécrète une toxine bactérienne tueuse d’insectes grâce à un gène bactérien greffé ; la plante peut devenir résistante à un insecte, à un herbicide, à un antibiotique…

La France, depuis 1997, autorise la culture de maïs Novartis. On trouve des OGM dans nos supermarchés dans des huiles, des sauces toutes prêtes, et même des céréales chocolatées. Les risques sont très variés ; Les gènes peuvent s’échanger par croisements spontanés (gène sauteur); ainsi un gène de résistance à un herbicide implanté dans du colza peut se retrouver dans une mauvaise herbe apparentée ( la ravenelle). Celle-ci devient alors fertile et insensible aux herbicides, une super mauvaise herbe ! Ce flux de gène génère une pollution génétique irréversible. Un gène « échappé » de la plante modifiée ne sera jamais récupéré.

Pour les plantes traitées à devenir résistante contre les insectes, on peut craindre l’apparition d’un super insecte, résistant à la toxine introduite. Concernant les risques sanitaires, la crainte s’oriente en priorité vers la création et l’aggravation d’allergies. L’Association Médicale Britannique a déjà signalé certains risques de résistance aux traitements contre les maladies sexuellement transmissibles dues à l’utilisation de protection périodiques en coton génétiquement modifié. Des cueilleurs de coton auraient eux-mêmes présentés de graves réactions dermatologiques avec démangeaisons et cloques ;  en Nouvelle Zélande, c’est un troupeau de milliers de moutons qui sont morts après avoir broutés les feuilles et les cosses de coton restés après la cueillette.(Nexus sept /oct 06).

Le bio : solution ou nouvelle problématique ?

L’agriculture biologique préserve au maximum notre environnement ; laissons-nous séduire par les fruits, les légumes, les viandes, les poissons,…bio. On a ainsi l’assurance de consommer des produits  cultivés,à 95% minimum, dit la loi, sans utilisation de produits chimiques de synthèse (engrais, pesticides) ni  OGM * ; Concernant les viandes et les poissons, la même réglementation oblige les éleveurs à  leur donner une alimentation strictement biologique. Leur espace de vie aussi est légiféré et soumis à des normes, ainsi que l’usage des médicaments.

L’objectif  de cette agriculture étant avant tout la sauvegarde de l’environnement, le bénéfice  sur notre santé n’est par ailleurs pas flagrant.

Encore trop marginaux, on peut regretter leur aspect coûteux entraînés par un plus faible rendement (absence d’engrais chimiques pour des semences et des fertilisants naturels plus chers) et une main d’œuvre plus importante (désherbage manuel,…).

Vous trouvez ces produits bio aujourd’hui à peu près partout : en grandes et moyennes surfaces, en magasins spécialisés biologiques ou diététiques. Un site www.fnab.org permet de connaître les quelques marchés spécialisés et autres producteurs/vendeurs à la ferme.  Attention au label « traditionnel », « fermier » ou  « naturel » qui ne caractérise aucunement les produits bio.

 La problématique : Considérant la population mondiale, le 100% Bio ne permet pas de nourrir tout le monde. Il est donc illusoire d’imaginer aujourd’hui la disparition totale de l’agriculture intensive et polluante que nous avons fait naître ; il est même vital de la conserver pour nourrir le maximum de personnes mais en prônant auprès de tous les pays l’agriculture raisonnée. Celle-ci consiste en la  fin des traitements et amendements aveugles, l‘agriculture raisonnée se base sur l’observation des cultures avant l’intervention. Dans certains cas on parvient ainsi à diviser par trois les traitements voire à en supprimer certaines années.

En attendant l’agriculture biologique permet de faire la balance et d’offrir des produits de très hautes qualité tout en nous rappelant des saveurs, des couleurs qui ont hélas disparu des étales.

Le respect des saisons

L’alimentation aussi est le jeu de nos caprices. Acheter trop longtemps à l’avance induit un énorme gaspillage ;  en moyenne, près de 10% de la nourriture achetée est jetée en France car  les produits frais se conservent peu de temps.

Nous  ne nous préoccupons plus des saisons et achetons les produits quand l’envie est là, souvent au détriment du goût d’ailleurs.  Malheureusement la production et le transport des produits végétaux ou animales ont aujourd’hui un coût écologique chiffré en gaz carbonique ;.  Un fruit livré hors saison par avion aura consommé de 10 à 20 fois plus  de pétrole que si il avait été produit localement à sa bonne saison. Cultivés localement mais sous serres chauffées, à grand renfort de produits phytosanitaires, le bilan n’est guère plus brillant. Respectons le calendrier naturel et retrouvons le bonheur de découvrir des plats au fil des saisons.

 EN HIVER : céleri, champignon, chou Bruxelles, épinard, poireau, radis, endive, mâche, topinambour,avocat,clémentine, kiwi, orange, poire, pomme,….

AU PRINTEMPS : artichaut, asperge, chou vert, chou fleur, concombre, radis, épinard, fève, petit pois, laitue, pissenlit, citron, fraise, orange, rhubarbe,…

 EN ETE : aubergine, brocoli, carotte, courgette, haricot vert, oignon, poivron, pomme de terre, laitue, pissenlit, tomate, abricot, cassis , cerise, figue fraîche, fraise, framboise, groseille, melon, mûre, nectarine, pastèque, pêche, poire, prune,…

 A L’AUTOMNE : brocoli, carotte, céleri, champignon, châtaigne, navet, potiron, coing, myrtille, noix, poire, pomme, raisin,….

Préambule: Politique et environnement
Quelques idées politiques