Prix de l’électricité pour les professionnels : l’année 2024 ressemblera-t-elle à 2023 ?

Prix de l'électricité

Les prévisions pour 2024 indiquent que les tarifs sont mieux encadrés et maîtrisés grâce aux boucliers tarifaires et amortisseurs mis en place par le gouvernement. Un amortisseur électricité a également été mis en place pour aider les TPE/PME à faire face à la hausse des prix, en prenant en charge jusqu'à 20% de la facture. Ces dispositifs d'aide doivent être reconduits et renforcés en 2024, avec une couverture de 75% de la facture et un plafond relevé à 250€/MWh

avec une augmentation moyenne annuelle de 84%. Les segments liés à l'industrie et l'agriculture ont été particulièrement touchés, atteignant même 92%. Quelles sont les prévisions pour 2024 ? Les boucliers tarifaires mis en place en 2023 auront-ils un impact sur l'évolution des tarifs ? Découvrez les analyses, prévisions et stratégies d'optimisation des coûts pour les entreprises.

Tendance générale des prix en 2023

En 2023, les prix de l'électricité pour les clients professionnels ont continué leur ascension à un rythme soutenu. Ces dispositifs d'aide doivent être reconduits et renforcés en 2024, avec une couverture de 75% de la facture et un plafond relevé à 250€/MWh. Cela suggère que les tarifs devraient être mieux encadrés en 2024.

Des disparités selon les secteurs d'activité

Si tous les secteurs professionnels ont été impactés, certains ont davantage accusé le coup que d'autres. Ainsi, les tarifs ont bondi de 92% pour l'industrie et l'agriculture, contre 77% pour le secteur marchand tertiaire et 66% pour le non marchand.

Une tendance qui devrait se poursuivre en 2024

Malgré quelques signes d'accalmie sur les marchés de l'énergie, tout laisse à penser que l'évolution à la hausse des prix de l'électricité pour les professionnels en 2024 n'est pas terminée. Les prévisions pour 2024 tablent sur une nouvelle hausse, même si son ampleur reste encore incertaine à ce stade.

Prévisions pour 2024

Remise des prix au comptant et à terme

Après la flambée des cours aux marchés spot et à terme en 2022, l'année 2024 semble engager un recul des prix de l'électricité pour les entreprises. Les contrats à terme pour livraison en 2024 se négociaient fin 2023 autour de 175 €/MWh, contre plus de 1000 €/MWh durant l'été 2022. Quant aux transactions au comptant, elles retrouvent progressivement des niveaux proches de ceux d'avant la crise énergétique, oscillant entre 100 et 150 €/MWh.

Boucliers tarifaires : quels impacts sur les entreprises ?

Le gouvernement a reconduit pour 2024 certains dispositifs d'amortissement tels que le BTEG afin de plafonner la hausse des tarifs réglementés de vente (TRV). Une réduction de la TICFE, maintenue à 1 €/MWh, permettra aussi de contenir les effets d'une remontée des cours. L'amortisseur électricité est quant à lui prolongé jusqu'en juin et élargi aux ETI. Les remises gouvernementales devraient ainsi atténuer pour les entreprises les répercussions de possibles soubresauts des marchés. Trouvez des explications détaillées sur les économies d'énergie possibles pour les entreprises sur le site opera-energie.com.

Impact des boucliers tarifaires

En 2023, les boucliers tarifaires mis en place par le gouvernement ont permis de contenir la hausse des prix de l'électricité pour les entreprises. Ces mesures comprenaient notamment le plafonnement du tarif réglementé de vente (TRV) et l'amortisseur électricité pour les TPE/PME.

Une hausse limitée grâce au bouclier tarifaire en 2023

Malgré un contexte de flambée des prix sur les marchés de gros, le bouclier tarifaire a permis de limiter l'augmentation du TRV à 15% en février 2023 puis 10% en août 2023. Selon la CRE, sans ces mesures, la hausse aurait atteint près de 45% pour les professionnels au 1er février 2023.

L'amortisseur électricité, en ramenant le prix hors taxe à 180 €/MWh sur la moitié des volumes consommés, a aussi apporté un soutien significatif aux TPE/PME, réduisant leur facture moyenne de plusieurs centaines d'euros par mois.

L'extinction progressive du bouclier tarifaire en 2024

Cependant, le gouvernement a annoncé la suppression progressive du bouclier tarifaire courant 2024, avec une première étape dès le 1er février :

  • L'accise sur l'électricité (TICFE) passera de 1 à 21 €/MWh pour les entreprises, entraînant une hausse de 8 à 9,8% des TRV selon les options tarifaires.

  • L'amortisseur électricité et les autres aides d'urgence ne seront pas reconduits.

Ainsi, après avoir été préservées en 2023, les entreprises encore au tarif réglementé subiront de plein fouet la hausse en 2024, tandis que celles en offre de marché pourraient bénéficier de la baisse des prix de gros, même si elle sera en partie effacée par la hausse de la fiscalité.

Des impacts différenciés selon les segments

Pour s'adapter à ce nouveau contexte, les entreprises devront suivre de près l'évolution des prix en 2024 et optimiser leurs contrats d'énergie. La renégociation précoce des offres signées au plus haut des prix en 2022/2023 pourrait permettre de profiter de la détente du marché. Les prix de l'électricité sur les marchés à terme sont en baisse pour les livraisons en 2024 et 2025, avec des contrats se négociant respectivement autour de 175€/MWh et 130€/MWh.

Stratégies d'optimisation des coûts

Face à la hausse des prix de l'électricité, il est important pour les entreprises d'anticiper leur transition énergétique et d'optimiser leurs coûts énergétiques en 2024. Plusieurs leviers peuvent être actionnés :

Renégocier son contrat de fourniture d'électricité

Face à la volatilité des prix de l'électricité, la renégociation des contrats de fourniture est devenue une stratégie clé pour les entreprises souhaitant maîtriser leurs coûts énergétiques. Alors que les tarifs ont atteint des niveaux records en 2022-2023, les signes de détente observés sur les marchés de gros en 2024 offrent une opportunité intéressante pour revoir ses engagements. Les entreprises ayant souscrit des contrats à des prix élevés devraient ainsi étudier attentivement la possibilité de les renégocier, afin de bénéficier des conditions plus favorables du marché. Cette démarche proactive leur permettra de réduire significativement leur facture d'électricité, et de sécuriser leurs approvisionnements sur le moyen terme. Avec un suivi régulier de l'évolution des prix et une anticipation des échéances contractuelles, les entreprises pourront ainsi optimiser leur stratégie d'achat d'électricité et s'adapter au mieux aux fluctuations du marché.

Optimiser sa consommation d'électricité

L'optimisation de la consommation est devenue un levier essentiel pour les entreprises souhaitant maîtriser leurs coûts énergétiques. Au-delà de la renégociation des contrats de fourniture, les entreprises doivent également s'attacher à réduire leur consommation d'électricité, en identifiant et en mettant en œuvre des mesures d'efficacité énergétique. Cela peut passer par l'installation d'équipements plus performants, l'adoption de comportements vertueux au sein de l'entreprise, ou encore la mise en place d'un suivi et d'une gestion plus fine des usages. Des audits énergétiques approfondis permettront d'identifier les principaux postes de consommation et les gisements d'économies. Les entreprises pourront ainsi cibler leurs investissements sur les actions les plus pertinentes, qu'il s'agisse de moderniser leurs installations, d'optimiser leurs process ou de sensibiliser leurs collaborateurs. Une approche globale, combinant maîtrise de la demande et optimisation de l'approvisionnement, sera la clé pour traverser cette période de forte volatilité des prix de l'électricité.

Investir dans les énergies renouvelables

Produire sa propre électricité grâce à des panneaux solaires photovoltaïques ou une éolienne est une solution pour réduire sa facture. L'autoconsommation couvre une partie des besoins et le surplus peut être revendu. Des aides financières (subventions, prêts bonifiés) soutiennent ces investissements "verts".

En combinant action sur les contrats, sobriété énergétique et production renouvelable, les entreprises disposent de moyens efficaces pour contenir leurs dépenses d'électricité. Un accompagnement par un expert en optimisation énergétique les aidera à élaborer une stratégie sur mesure.

Analyse sectorielle des impacts

Industrie et agriculture plus touchées que les services

Bien que l'ensemble des secteurs professionnels aient été touchés par la flambée des prix de l'électricité en 2023, certains ont été davantage impactés que d'autres. Les industriels et les entreprises du secteur de l'agriculture, en tant que gros consommateurs d'énergie, ont généralement des contrats directement indexés sur les cours du marché, qui ont connu une envolée importante en 2022. Ces secteurs ont donc subi des hausses de tarifs plus marquées. À l'inverse, de nombreux petits professionnels des services ont pu bénéficier du bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement, limitant ainsi l'impact de la crise énergétique sur leurs factures.

De fortes disparités selon la puissance souscrite

Au-delà des différences sectorielles, l'impact de la flambée des prix de l'électricité varie également fortement en fonction de la puissance du compteur électrique de chaque entreprise. Ainsi, les établissements disposant d'un compteur de faible puissance, généralement inférieur ou égal à 36 kVA (segment C5), sont soumis à des règles spécifiques en cas de dépassement de la puissance souscrite. Tout dépassement entraîne automatiquement une coupure du compteur, ce qui contraint ces entreprises à une gestion très serrée de leur consommation. À l'inverse, les entreprises avec des compteurs de puissance plus élevée (segments C4 et C1) bénéficient d'une plus grande flexibilité pour gérer les variations de leur consommation. Dès lors, pour une même activité, le fait d'avoir un compteur de puissance plus ou moins importante aura un impact significatif sur la façon dont l'entreprise subira la hausse des tarifs de l'électricité et devra s'adapter. Ce paramètre technique s'ajoute ainsi aux différences sectorielles pour expliquer la diversité des situations face à l'envolée des prix.

Quid de 2024 ?

Si les prix de gros se détendent depuis fin 2022, l'incertitude demeure pour 2024. La hausse de la fiscalité sur l'électricité (retour de la TICFE à 20,50 €/MWh), couplée à une éventuelle révision à la hausse du montant de l'ARENH, pourraient maintenir une pression haussière sur les tarifs. Les entreprises devront rester vigilantes.

Prix de l'électricité pour les professionnels en 2024 : l'essentiel à retenir

L'année 2023 a été marquée par une augmentation significative des prix de l'électricité pour les professionnels, avec des variations selon les segments de puissance. Les prévisions pour 2024 s'orientent vers une baisse des tarifs, grâce notamment aux remises gouvernementales et à l'évolution du marché. Les boucliers tarifaires mis en place en 2023 devraient continuer à limiter la hausse des prix. Les entreprises peuvent adopter des stratégies d'optimisation des coûts, telles que l'utilisation d'énergies alternatives et la renégociation de contrats, pour faire face à ces variations tarifaires.

Questions fréquentes sur le prix de l’électricité pour les professionnels

Quelle est l'augmentation des tarifs d'électricité pour les entreprises ?

Les tarifs d'électricité pour les entreprises augmenteront de 9,8% pour les heures pleines et creuses, et de 8,6% pour les tarifs de base à partir du 1er février.

Pourquoi les tarifs d'électricité varient pour les professionnels ?

Les prix de l'électricité pour les entreprises sont directement liés aux fluctuations du marché de gros européen. En 2021, les tarifs sont passés de 50 euros/MWh à 222 euros/MWh. En été 2022, les prévisions pour 2023 atteignaient 1000 euros/MWh, reflétant la volatilité du marché.

Quel est le prix du kWh pour les professionnels ?

Le prix du kWh HT au tarif Bleu d'EDF pour les petites entreprises et les professionnels est de 0,2047 € en option base, 0,2121 € en Heures Pleines, et 0,1758 € en Heures Creuses à partir du 1ᵉʳ janvier 2024.

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